Sommaire 1. Qu'est-ce qu'un pansement gras 2. Les limites du pansement gras 3. Les interfaces : l'évolution moderne du pansement gras Le pansement gras est l’un des dispositifs les plus anciens de la cicatrisation. Mis au point en 1914, il a représenté à l’époque une avancée majeure dans la cicatrisation des plaies, en particulier sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale. Aujourd’hui encore, il reste largement utilisé dans la prise en charge quotidienne des plaies, tant à l’hôpital qu’en soins de ville. Pourtant, les connaissances en cicatrisation ont considérablement évolué ces dernières décennies, et les limites du pansement gras sont désormais bien documentées. Alors que de nouveaux dispositifs comme les interfaces ou les matrices grasses s’imposent comme des alternatives plus performantes et mieux adaptées aux principes modernes de la cicatrisation, comment expliquer que le pansement gras continue d’occuper une place aussi importante dans les pratiques de soin ? Quels bénéfices concrets apportent les interfaces pour les patients… et pour les soignants ? Cet article fait le point. Qu’est-ce qu’un pansement gras ? Un pansement gras est un pansement primaire composé d’une trame textile généralement de la gaze imprégnée d’un corps gras (le plus souvent de la vaseline ou un dérivé lipidique). Cette imprégnation avait pour objectif initial d’éviter l’adhérence du dispositif à la surface de la plaie et de maintenir un niveau d’humidité adapté. Le pansement tulle gras, forme la plus courante, tire son nom de la trame de tulle qui constitue son support. Il est historiquement indiqué dans la prise en charge des plaies superficielles, des brûlures peu étendues et des plaies en phase de bourgeonnement ou d’épithélialisation. Le tulle gras pansement est conditionné en compresses stériles unitaires, disponibles en pharmacie sans ordonnance, ce qui explique en partie sa persistance dans les pratiques. Il est fréquemment utilisé sur les brûlures de faible profondeur, les plaies traumatiques superficielles, les abrasions cutanées ou encore comme premier pansement post-opératoire. Le pansement avec tulle gras est souvent associé à une compresse absorbante et un bandage de maintien pour constituer un pansement complet. Les limites du pansement gras : ce que la science dit aujourd’hui Si le pansement gras a longtemps été une référence, ses limites sont aujourd’hui bien établies et documentées dans la littérature scientifique. Trois problèmes principaux sont régulièrement identifiés par les professionnels de santé : Adhérence à la plaie et douleur au retrait : malgré l’imprégnation grasse, le pansement peut sécher rapidement et adhérer aux tissus en voie de cicatrisation. Le retrait devient alors traumatique, douloureux pour le patient, et risque d’arracher les bourgeons fragilisant ainsi la cicatrisation en cours. 8 patients sur 10 ressentent une douleur modérée à sévère lors des changements de pansements. Cette douleur décourage le patient, entrave l’observance des protocoles et alourdit la charge émotionnelle du soin aussi bien pour le patient que pour le soignant Dessèchement rapide : le corps gras ne maintient pas durablement un milieu humide contrôlé. Or, depuis les travaux fondateurs du Pr Winter dans les années 60, il est démontré que la cicatrisation est favorisée en milieu humide. Le pansement gras est peu compatible avec ce principe. Fréquence élevée des changements : du fait de son dessèchement et de son faible pouvoir absorbant, le pansement gras nécessite des renouvellements fréquents (parfois quotidiens) ce qui alourdit la charge de soins, perturbe le confort du patient et augmente le risque de traumatisme répété à la plaie. Les interfaces : l’évolution moderne du pansement gras Face aux limites du pansement gras traditionnel, les interfaces représentent une évolution technologique majeure. Pansements primaires non traumatiques de nouvelle génération, elles ont été conçues pour répondre précisément aux problèmes identifiés : adhérence, douleur, dessèchement et fréquence des soins. Contrairement au pansement gras, les interfaces présentent plusieurs avantages cliniques démontrés : Adhérence faible et stable : leur structure permet un retrait atraumatique, sans arrachement des néo-tissus ni douleur associée. Maintien d’un milieu humide contrôlé : conformément aux principes modernes de cicatrisation, les interfaces favorisent la prolifération des fibroblastes et la régénération tissulaire en maintenant un environnement humide optimal. Absence de migration de substances : elles respectent l’environnement cutané périlésionnel, limitant les risques d’allergie ou de macération. Retrait indolore : elles participent directement à la réduction de la douleur ressentie par les patients lors des changements, améliorant l’observance et la qualité de vie. Téléchargez le guide pratique Pansements Notre guide vous aide à mieux comprendre les spécificités des plaies aiguës et chroniques et les mécanismes de cicatrisation. Il vous accompagne dans le choix d’un pansement adapté à chaque situation et vous apporte des repères pratiques pour optimiser la prise en charge au quotidien. Télécharger FAQ Le pansement gras est-il toujours adapté pour cicatriser une plaie ? Non. Il sèche rapidement, adhère aux tissus et ne maintient pas un milieu humide durable. Les interfaces modernes sont aujourd’hui mieux adaptées car elles limitent la douleur au retrait et favorisent activement la cicatrisation. Pourquoi le retrait d'un pansement gras est-il souvent douloureux ? Parce qu’il peut sécher et coller aux néo-tissus en formation. 8 patients sur 10 ressentent une douleur modérée à sévère lors des changements — ce qui décourage l’observance et complique les soins. Les solutions Urgo Medical UrgoTul Interface Pansement interface souple avec matrice TLC.(1,2). Non substituable. Découvrir ce produit URGOSTART INTERFACE Pansement interface souple avec matrice TLC-NOSF*. Non substituable**. Découvrir ce produit UrgoTul Argent Pansement interface souple avec matrice TLC-Ag. Non substituable*. Découvrir ce produit Références EWMA, La douleur au changement d’un pansement, European Wound Management Association, 2002. Haute Autorité de Santé (HAS). Evaluation des pansements primaires et secondaires. HAS; 2007. Disponible sur : https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2009-02/synthese_rapport_evaluation_des_pansements.pdf Haute Autorité de Santé (HAS). Les pansements : indications et utilisations recommandées. HAS; 2011. Disponible sur : https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2009-01/pansements_synthese_rapport.pdf Battu et S. Brischoux, « Le traitement des plaies », Actual. Pharm., vol. 51, no 518, p. 20 31, oct. 2012 Meaume S. La prise en charge des douleurs liées à la plaie : enquête auprès des médecins sur les pratiques en France. Journal des plaies et cicatrisations. 2010;72(15):6-10. https://www.brothier.com/saviez-vous/douleurs-et-soins/#:~:text=Ainsi%2C%201%20patient%20sur%202,des%20changements%20de%20pansements%20%C2%B9. Winter GD. Formation of the scab and the rate of epithelization of superficial wounds in the skin of the young domestic pig. Nature. 1962;193(4812):293-4. Auteur de l'article Julie DOAN Responsable médicale D'autres articles... 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