Biais cognitifs et pratique médicale : Un lien qui impacte grandement votre quotidien et celui de vos patients Les biais cognitifs peuvent influencer la pratique médicale, notamment la perception de la douleur des patients et des traitements locaux. Votre perception de la douleur de vos patients peut être influencée par des biais cognitifs La douleur liée à une plaie complique le quotidien du patient*1 Trouble de l'humeur : Irritabilité, repli sur soi, ... Modification de l'image de soi : particulièrement pour les patients pour qui il y a ou aura une amputation (perte de confiance en soi, ...) Retard de cicatrisation : Stress quotidien néfaste à l’homéostasie, ... Mais également celui du soignant pour qui cette expérience peut s’avérer difficile*1 Anxiété : Avant le soi et/ou appréhension lors de sa réalisation entrainant une perte d’efficacité Altération de la relation soignants / patient Sensation de mal-être et d’échec devant l’absence de soulagement de la douleur Par ailleurs, la douleur peut exposer les patients à une hypersensibilité latente via des phénomènes de mémorisation implicites et inconscients et peut : • devenir néfaste à la relation soignant-patient étant donnée qu’elle diminue la confiance et l’affinité du patient envers le soignant. • impacter négativement l’observance du patient. • créer un stress lié au soin, le rendant plus difficile à réaliser et augmentant la douleur*1. Lors du renouvellement d'un pansement, la douleur chez les patients est fréquente : 70% des soignants font face à des plaintes avec la moitié de leurs patients. Le saviez-vous ? La perception que vous avez de la douleur de vos patient peut être altérée par des biais cognitifs, qui participent à la sous-estimation de leur douleur.1,2 Parmi les biais cognitifs pouvant altérer votre perception de la douleur chez vos patients, on retrouve notamment des biais de jugement liés2 : Au patient Des études suggèrent que l’estimation de la douleur et les choix thérapeutiques sont influencés par l’âge, le sexe, l’origine ethnique et également l’apparence physique du patient.2 Au diagnostic Le jugement fait par le médecin est aussi susceptible d’être altéré si l’intensité douloureuse rapportée par un patient n’est pas corrélée à une lésion anatomique identifiée.2 Votre perception des traitements locaux peut être influencée par des biais cognitifs Votre perception des traitements locaux peut être influencée par des biais cognitifs. Pour une cicatrisation optimale, une plaie a besoin d’être maintenue dans un milieu humide : les interfaces et les pansements gras respectent ce principe. Le retrait est facilité après humidification du pansement secondaire. Le saviez-vous ? Des biais cognitifs peuvent influencer le choix de votre protocole de soins notamment en termes de pansements et modifier votre perception du gras. Par exemple : • Le raisonnement heuristique3,4: votre intuition vous mènera à considérer le gras selon la quantité présente sur le pansement. Cependant, la quantité ne fait pas la qualité du gras et in fine, de la cicatrisation. Les pansements gras et les interfaces ne sont pas tous égaux quant au maintien du gras dans le temps, élément essentiel pour le retrait atraumatique et indolore du pansement. • Le biais d’ancrage et le biais d’attribution3,4 : vos habitudes en termes de prescription d’un pansement gras ou d’une interface peuvent vous mener à ne pas considérer de nouveaux pansements, pouvant être plus bénéfiques pour vos patients et votre pratique. Personne n’échappe aux biais cognitifs. En prendre conscience, c’est se donner la possibilité d’améliorer votre raisonnement et de diminuer leur influence sur votre pratique.4 Certaines situations peuvent davantage vous exposer aux erreurs par les biais telles que la pression de temps, la surcharge de travail, le stress, la fatigue, …3 Des stratégies de “débiasing” existent pour diminuer l’influence des biais cognitifs sur votre pratique 1,2 : • Reconnaître que certaines situations exposent à un risque de biais cognitifs. • Se former de façon continue sur les actualités scientifiques : participer à des congrès et rencontrer les laboratoires pour être au fait des nouveautés. • Combiner les ressources disponibles : sa mémoire, mais également les outils à disposition. • Favoriser les échanges : prendre connaissance des expériences de vos confrères et optimiser les relations ville-hôpital qui participent au bon suivi des patients. • Savoir remettre en question la prise en charge globale du patient et son traitement local. 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Aspects cognitifs de l’erreur en médecine. Swiss Medical Forum. 2017;17(13-14):304-307. 4 Plateforme Régionale d’Appui à la Gestion des Evènements Indésirables. Les biais cognitifs en Santé.