La brûlure

La brûlure fait partie des accidents de la vie courante. En France, près de 8 000 personnes (1) sont hospitalisées des suites d’une brûlure chaque année, les enfants de moins de 5 ans représentent 1/3 des hospitalisations pour brûlures (2).

la brulure définition et explicationL’accident survient le plus souvent dans le cadre domestique, notamment dans la cuisine ou dans le jardin. Dans près de la moitié des cas, la brûlure est causée par un contact avec un liquide chaud, le feu ou un objet chaud. En revanche, l’explosion, la brûlure chimique et l’exposition à la lumière ou à des radiations sont beaucoup moins fréquentes. La partie du corps humain la plus souvent touchée est le membre supérieur, viennent ensuite la tête et le membre inférieur. De plus, la brûlure peut entraîner des séquelles fonctionnelles, esthétiques, psychologiques et, même une infection en cas de perte de peau importante. Une fois sur deux les mains sont atteintes.

Qu’est-ce qu’une brûlure ?

Tout d’abord, la brûlure est une lésion de la peau, et parfois des tissus sous-jacents. Il en existe quatre types :

  • Thermique. Elle apparait suite à un contact avec un solide (braises, fer chaud, four…), un liquide (eau/huile bouillante/ hydrocarbure enflammé) ou d’une explosion. La peau se retrouve alors partiellement ou intégralement détruite. Toutefois, un froid mordant peut aussi être à l’origine de brûlures.
  • Chimique, causée par un produit caustique (exemple : l’acide).
  • Electrique, causée par un contact avec un courant ou un arc électrique.
  • Par rayonnement, essentiellement dues aux rayons ultraviolets du soleil, ainsi qu’aux rayons X ou aux radiations nucléaires.

Comment évaluer la gravité d’une brûlure ?

La gravité d’une brûlure cutanée(3) dépend de trois critères principaux : sa profondeur, son étendue sur le corps et sa localisation.

   – Comment s’évalue la profondeur ?

Les degrés de la brulure

 

Sur l’aspect de la peau et de ses lésions, on parle des degrés : 

  • Brûlure du 1er degré : rougeur très prononcée provoquant une douleur modérée et n’atteignant que la couche superficielle de la peau. Du reste, la peau est intacte. Typiquement : le coup de soleil.
  • Brûlure du 2ème degré superficiel : apparition de cloques contenant un liquide clair, signe que l’épiderme est presque totalement détruit. La plaie est alors rouge et douloureuse.
  • Brûlure du 2ème degré profond : apparition immédiate d’une multitude de cloques. Cependant, la douleur est moindre, en raison des terminaisons nerveuses détruites. La plaie est rose blanchâtre.
  • Brûlure du 3ème degré : de couleur brune, blanche ou noire, elle est indolore. L’épiderme et le derme sont entièrement détruits.

   – Comment s’évalue l’étendue d’une brûlure ?

Elle s’estime en pourcentage de la surface corporelle. Le calcul peut aussi être effectué à l’aide de la paume de la main qui représente 1% de la surface corporelle.

   – La localisation

Certaines zones doivent être prises particulièrement au sérieux notamment le visage, les mains, les pieds et le périnée.

D’autres facteurs sont également à prendre en compte comme l’âge de la personne (enfant de – de 5 ans  ou adulte de + de 60 ans) et enfin si la personne souffre de maladie chronique (insuffisance cardiaque, respiratoire, diabète par exemple).

Si la brûlure présente l’un de ces critères de gravité, appelez le 15 ou le 112.

Comment traiter une brûlure ?

Une brûlure correspond à une destruction cutanée. Sa prise en charge initiale par un traitement local a pour but d’obtenir la restauration du tissu cutané et doit tendre à limiter les séquelles qui peuvent en résulter.

Si la brûlure du 1er degré bénéficie d’une cicatrisation spontanée (après une légère desquamation), les brûlures des 2ème et 3ème degrés réclameront des soins spécifiques qui ne pourront être dispensés que par un professionnel de santé.

   – Premier geste

Préalablement à ces soins, le premier réflexe à avoir en cas de brûlure thermique ou chimique est de mettre la zone touchée sous un filet d’eau (à température ambiante) durant 5 à 10 minutes. Ce geste empêchera la chaleur de se propager en profondeur, enlèvera les résidus du produit chimique (en cas de brûlure chimique), limitera l’oèdème et apaisera la douleur.

Si un vêtement recouvre la partie atteinte, ne cherchez en aucun cas à le retirer : vous risqueriez, si la peau est collée, de l’arracher. A noter qu’une brûlure grave peut provoquer une hypothermie (frissons) puisque la barrière cutanée ne joue plus son rôle de manteau protecteur.

   – Créer un milieu propice à la guérison

Une brûlure de 2ème degré nécessite la pose d’un pansement non adhérent favorisant la cicatrisation. Cette protection permet en outre de limiter le risque d’infection.

En effet, le maintien de la plaie en milieu humide est le garant d’une guérison idéale et facilite les changements de pansement, qui interviennent tous les 2 ou 3 jours.

En cas de brûlure de 3ème degré, la greffe de peau partielle ou totale sera indiquée. Ainsi, les brûlures de 2ème degré profond et de 3ème degré doivent être prises en charge dans un centre spécialisé.

En conséquence, les temps de cicatrisation varient en fonction du degré de la brûlure.

  • 1er degré : 3 à 4 jours.
  • 2ème degré (superficiel) : 10 à 15 jours
  • 2ème degré (profond) : 15 à 20 jours
  • 3ème degré : cicatrisation de longue durée, nécessitant souvent une greffe

Et après ?

Ensuite, surveillez la cicatrisation de près.

En d’autres termes, si vous ne remarquez aucune amélioration après plusieurs jours, ou si de nouveaux symptômes apparaissent, parlez-en à votre infirmier / infirmière ou consultez un médecin.

De plus, veillez à ne pas exposer la cicatrice au soleil pendant au moins 6 mois.

 
(1) Les victimes de brûlures hospitalisées en France Métropolitaie en 2014 et évolution depuis 2009. Etudes et enquêtes. Santé Publique France. Juin 2018. Disponible sur : https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/traumatismes/brulures/documents/rapport-synthese/les-victimes-de-brulures-hospitalisees-en-france-metropolitaine-en-2014-et-evolution-depuis-2009
(2)- Rapport annuel concernant l’épidémiologie de la brûlure en France métropolitaine.  Année 2008. http://www.sfb-brulure.com/index.php/documentation/epidemiologie.html
(3) Assurance Maladie. Comment reconnaître rapidement la gravité d’une brûlure ? Site internet Ameli-sante.fr 2015. Disponible sur : http://www.ameli-sante.fr/brulures/comment-reconnaitre-rapidement-la-gravite-dune-brulurenbsp.html .